Seuls une certaine sphère et un certain degré de la vérité peuvent être manifestés dans l’élément de l’œuvre d’art ; de plus, pour être un contenu authentique de l’art, la vérité doit avoir pour détermination même de pouvoir émerger dans le sensible, et de s’y révéler d’une manière adéquate à elle-même, comme cela arrive par exemple avec les divinités grecques. D’un autre côté, il existe une manière plus profonde de comprendre la vérité, lorsque celle-ci ne fait plus alliance avec le sensible, et le dépasse à un point tel qu’il ne peut plus ni la contenir ni l’exprimer. C’est ainsi que le christianisme l’a conçue, et c’est ainsi surtout que l’esprit moderne ou, mieux, celui de notre religion et de notre formation rationnelle, s’est élevé au-dessus du point précis où l’art constitue le mode le plus élevé de notre conscience de l’absolu. Le caractère particulier de la production artistique et de ses œuvres ne satisfait plus notre plus haut besoin ; nous avons dépassé le stade de l’adoration et de la vénération des œuvres d’art comme divines. (Esthétique, Hegel).
