Sophie Carles (et Shoï Extrasystole) au POCTB

Les aléas de la synchronisation font parfois que les événements sont décalés dans le temps (en voilà un bel oxymore…). Ainsi en est-il pour l’exposition ‘Tiers paysage’, de Sophie Carles, qui s’est tenue au POCTB (Orléans) du 23 mars au 23 avril 2017. Sophie Carles est photographe, et, pour l’occasion, elle a invité le musicien Shoï Extrasystole à intervenir sur une pièce spécifique. Carles est fascinée par les lieux abandonnés, et, plus spécifiquement, par les usines désaffectées. Une fois qu’elle a déniché un lieu de ce type, elle l’investit, et, par la grâce de l’image, lui rend ou lui redonne une sorte de noblesse esthétique de longtemps perdue, si jamais acquise… D’où ces très forts contrastes entre le noir et le vert que Carles capte à travers l’oeilleton de son Hasselblad : J’ai opéré un raccourci. Que le lecteur veuille bien m’en excuser. Quel rapport objectif entre le noir et le vert ? Première explication : Le noir provient du lieu lui-même et des pièces et moules restants, qui, de par leur origine, ne connaissaient guère que le noir comme couleur. Le vert, quant à lui, symbolise la reprise en main, si l’on ose dire, de la fonction organique sur le monde in-organique, soit celui de l’usine en tant que fonderie (qu’est-ce qui pourrait vivre et croître dans des températures semblables ?). Peu avant le vernissage, j’ai rencontré Sophie Carles et Shoï Extrasystole dans la toujours nouvelle et immaculée galerie du POCTB. 
 
Sophie Carles, « Végétal », Tiers paysage
 
entretiencauserieparlottteinterviewentretiencauserieparlottteinterviewentretiencauserieparlottteinterview
Léon Mychkine : Tu te présentes ?
Sophie Carles : Je m’appelle Sophie Carles, et je suis photographe.
M : Bon, on commence par cette salle, du coup  [i.e. le rez-de-chaussée] ?
: Oui
M : Alors, tu nous montres… qu’est-ce que tu nous montres ?
: Qu’est-ce que je vous montre ? Je montre principalement des photos. Ici, quelques cartes postales un petit peu trafiquées aussi, mais on va parler de ce qu’il y a sur les murs déjà ; donc des photographies. Il y a deux séries qui se complètent, et interfèrent dans l’accrochage. Il y a une série qui montre de la végétation dans une usine, dans un cadre très sombre, très noir ; et une série d’objets photographiés en studio, sur fond blanc. 
M : D’accord
: Pour faire une description rapide… Tu veux connaître un peu la petite histoire ? 
M : Pourquoi pas ?
: Donc tout ça est né d’une rencontre avec un lieu, une ancienne fonderie désaffectée. Voilà, je suis assez friande, enfin j’aime bien, les lieux désaffectés…
M : Moi aussi j’aime bien
: Les lieux abandonnés. Donc en visitant cette usine, que j’ai trouvée intéressante, je me suis demandée ce qui m’intéressait le plus, et j’ai porté attention à ces petites plantes vertes, et à ce vert qui renaissait sur ce sol noir de la fonderie. J’y suis retourné, et j’ai commencé une série de photographies où je suis vraiment en gros plan, en fait, penchée sur ces plantes. Je ne montre pas le cadre, mais je m’arrange pour avoir toujours un élément qui rappelle le site industriel.
M : Oui, oui.
: Je me suis quand même intéressée à l’histoire de l’usine, et en fait j’étais assez surprise de voir qu’elle n’avait été abandonnée que depuis cinq ans. 
M : Ah oui ?
: Pour des raisons économiques… usine délocalisée. C’est assez surprenant parce que cette usine a été rapidement à l’état de ruine. Donc il y avait cette question du passé de l’usine. Et puis, comme je m’intéressais aux plantes aussi, on m’a parlé du texte de Gilles Clément, sur le Tiers paysage, qui parle justement de la végétation qui s’installe là où l’homme ne la dirige pas, sur ce qu’il appelle les délaissés ; les friches, par exemple. Donc il y a une histoire de végétal. Ce sont des espèces pionnières en fait, qui ont un cycle de vie très court. […] Disons que l’ensemble des plantes, l’ensemble des photos, on va dire, reconstitue le lieu… Chaque plante participe à ce Tiers Paysage. Et je pense que dans l’idée de Gilles Clément il y a justement ça aussi, que chaque élément participe à ce grand tout qui fait le paysage. 

Sophie Carles,  « In situ », Tiers paysage

M : D’accord. Et ta technique… comment tu travailles, on peut le savoir ?
: Oui tout à fait. Je travaille avec un appareil moyen-format, donc un ancien argentique, sur lequel je mets un dos numérique. C’est ce qui explique en partie le format carré. C’est un appareil que j’aime beaucoup et que j’utilise souvent. Je travaille sur pied, toujours. Ça oblige à une démarche lente. J’aime bien cet appareil parce qu’il est lourd, et il demande une certaine lenteur dans l’appréhension du  paysage, ou ce qu’on voit, différemment. Et ça c’est pour la première partie. Après il y a les photos d’objets. Donc ces objets… dont je ne connais pas exactement la fonction — c’est d’autant plus intéressant —, étaient présents dans l’usine. Ce sont des pièces qui servent à faire des moules, en fait. Et donc sur ces pièces, qui sont beaucoup plus petites, que j’ai agrandies, il y avait déjà cette mousse. Je les ai prélevées : je suis repartie avec et je les ai photographiées en studio. 
M : D’accord…

Sophie Carles, « Prélèvement », Tiers paysage

: Parce que mon idée aussi c’était d’avoir un peu une démarche d’archéologue, c’est-à-dire de m’intéresser au végétal sur place ; tu vois ? Que je regarde du dessus, comme si je prenais des échantillons, et ensuite de ramener des objets, que je photographie. Je me suis intéressée aux codes de la photographie archéologique, et j’en ai repris un peu le principe, un fond clair, pas d’ombre, un angle de vue qui montre bien l’objet.
M : C’est grand comment ça, en fait [en montrant un détail]  ?
: Ça ça doit faire un centimètre. Donc ça c’est une deuxième phase, du coup j’ai un peu décliné mon travail en phases. On peut aller voir au sous-sol…
M : Bien, donc là nous sommes devant une pièce qui est là fois, on va dire, sculpturale et sonore
Shoï Extrasystole : Oui, en même temps concrète et abstraite.
M : Excuses-moi, tu peux te présenter ?
E: Shoï Extrasystole. En fait on se connaît depuis pas mal d’années avec Sophie, on a déjà collaboré plusieurs fois, sur des vidéos, sur une expo à St Pierre le Puellier, où en fait on avait une installation commune où j’avais fait une multi-diffusion sur un ensemble de photos, et puis une bande-son pour l’ensemble de l’exposition. Et là on continue à collaborer, même de façon un peu informelle comme en faisant un petit safari photo-son dans des lieux abandonnés ; et du coup on a travaillé parallèlement, avec les matières qu’on avait récolté sur place, dans la fonderie. Et puis à un moment on a décidé de se rejoindre, de donner un sens aux différentes matières trouvées.
: L’idée, c’était d’associer en fait la prise de son à la prise de vue. J’aime bien cette idée : on capte tous les deux le réel d’une certaine façon, et tous les deux on ne le retranscrit pas… « bêtement », enfin de façon purement documentaire.
E : Non, on donne une empreinte vraiment subjective à ce qu’on prend.
: Voilà, Shoï part des sons qu’il a enregistré là-bas…
M : Concrètement, d’où viennent ces sons ?
E : Alors il y a des sons d’acoustique, des différents lieux, de la fonderie…
M : C’est-à-dire que quand tu es dans la fonderie, il y a du son ?
E : Oui
M : Mais c’est du vent, c’est ?
: Des oiseaux, du souffle, des vents…
E : La porosité assez lointaine avec les bruits de voiture…
M : D’accord. Donc tu captes tous les sons qu’il y a là-dedans ?
E : Voilà. Je vais aussi capter mon empreinte, sur la matière, sur le sol, sur les murs, sur les objets. Essayer aussi, de faire ressortir la résonance qu’apporte, qu’ont, chaque objet, les vibrations de chaque objet, comme s’ils avaient une vie propre. Et en fait j’ai mis en scène ça en recoupant tout un tas de sonorités, que j’avais pris à ce moment là, pour créer… non pas une histoire mais en fait une ambiance, un environnement qui correspondent aux différents objets que Sophie expose.
M : On pourrait presque voir ça comme une espèce d’histoire sonore…
E : Oui.
M : qui accompagne les pièces, du coup, un peu archéologiques, c’est ça ?
E : C’est ça.
: Ce qui n’est pas inintéressant, c’est que ça ne correspond pas : Shoï fait de la prise de son quand moi je fais de la prise de vue, mais c’est un peu décalé parce que les sons n’accompagnent pas les prises de vue, on est dans un autre univers. Ici on a créé, avec ces objets, un univers un peu différent en fait. Ce n’est pas illustratif.
E : On ne s’est pas attaché à ce que la photo ait le son qui correspond, on est plus allé sur un scénario d’ensemble. 
: Et puis là, pour moi cette pièce là, c’est un travail un peu plus expérimental, qui va au-delà de ce que j’ai l’habitude de faire, donc c’est…
M : Mais c’est beau cet ensemble…
Installation salle du bas, Sophie Carles et environnement acoustique Shoï Extrasystole, crédit Sophie Carles

Shoï Extrasystole ENVIRONNEMENT ACOUSTIQUE : Shoï Extrasystole ENVIRONNEMENT ACOUSTIQUE : Shoï Extrasystole ENVIRONNEMENT ACOUSTIQUE : 

: Donc pour expliquer en quelques mots ces objets, en fait, j’ai prélevé, en plus des objets que j’ai photographié, des moules, et mon idée c’était de réactiver ces moules, qui sont normalement des moules pour l’acier ou l’aluminium. Mais donc j’ai fait des pièces vivantes avec de l’argile, et dessus je vais y cultiver la mousse. Sur les objets qu’on voyait là-haut on voyait déjà qu’il y avait une base de mousse, et donc j’ai essayé de faire installer la mousse sur ces moulages.

M : Quand on voit la couleur on pourrait croire que c’est des vieux objets…
: C’est de l’argile. Il y en a qui ne sont pas tous jeunes. Celui-ci qui est recouvert de mousse, il doit avoir deux ans.
: D’accord…
C : Et la mousse s’est vraiment installée sur l’objet en fait. Donc j’installe cette mousse, je l’arrose, je prends le temps, et ça crée des objets assez étranges. Et donc, ce qui m’intéresse, c’est que c’est un travail sur le temps. Toutes mes photographies, cette histoire de l’usine, les plantes qui s’installent, il y a vraiment la notion du temps… et ce qui m’intéresse aussi, c’est que, de l’objet qui est sériel, on se retrouve avec des objets qui sont individuels en fait.
M : Est-ce que c’est une œuvre de fiction, un peu ?
E : Oui oui, complètement.
: On n’est pas forcément d’accord…
M : Visuelle, et sonore… On est d’accord… Toi tu vois pas ça comme ça ?
: Pas forcément… Je ne vois pas ce travail comme directement illustratif. Ces objets là, c’est plus l’idée de recréer quelque chose de végétal à partir de ces pièces qui étaient à la base humaines et dans la fonderie…
M : Ça s’apparente un peu à une fiction quand même, mais c’est pas grave hein ?
: Est-ce que c’est une fiction ? Pourquoi pas ?
M : Ça n’est pas rédhibitoire…
E : Pour moi, c’est vraiment fictionnel, mais ce n’est pas illustratif
M : Voilà
E : On est, véritablement, sur une création complète. À partir d’éléments, somme toute, concrets. On a mis une empreinte subjective, un imaginaire, et en fait, c’est un résultat un peu synesthésique, de toutes ces petites touches qu’on a essayé de mettre.
: Après, c’est aux gens de s’approprier les choses…
M : Oui, bien sûr.
: Quand on voit les pièces plates, là, on est dans l’idée de la ruine… Ce qui m’intéresse aussi par rapport à ce qui est en haut [nous sommes revenus au rez-de-chaussée, devant une vitrine.]
: Donc par rapport à ces usines, qui disparaissent, ces usines de la modernité, qui se retrouvent décentralisées… je me suis un peu intéressée à cette question, et dans les industries, il y a aussi les industries de la photographie. Et moi qui suis à la base photographe professionnelle, de commandes, j’ai voulu faire une espèce de lien entre photographie et industrie, et donc je suis aller chercher des cartes postales anciennes d’usines, et j’ai retravaillée sur ces cartes postales, en utilisant à nouveau la mousse, puisque j’en ai fait un de mes moyens d’expression. Donc j’ai mis ces cartes postales dans la terre, et j’ai essayé de faire pousser de la mousse dessus, par différents moyens. J’ai laissé le temps agir. C’est une façon un peu de faire le lien entre photographie et industrie. Je les expose comme des pièces… elles sont fixées, elles ne bougent plus, pas comme celles qui sont en bas.  
Sophie Carles, carte postale, Tiers paysage, crédit photo Sophie Carles
 

Sophie Carles, cartes postales, Tiers paysage, crédit photo Sophie Carles.
 
M : C’est-à-dire ?
: En bas c’est de la mousse vivante, et là ce sont des pièces arrêtées dans le temps. […] Je ne voulais pas m’arrêter à la prise de vue in situ, qui est quelque chose que je maîtrise, que je contrôle, et je voulais aller plus loin ; et l’objet, c’est quelque chose que j’aime aussi. […] Je me dis “qu’est-ce qui me fascine dans ces lieux désaffectés, ce lieu abandonné ?, et qu’est-ce qui fascine en général ?”, parce que je ne suis pas la seule, il y a la mode de l’‘urbex’
M : La mode de ?
: De l’‘urbex’, Urban Exploration. C’est des gens, en fait, qui vont visiter les lieux abandonnés, et il y a tout un code, il ne faut pas casser, il ne faut pas dénaturer, il ne faut pas voler, etc. […] Et ce qui est curieux dans la ruine contemporaine, par rapport à la ruine antique qui existe depuis très longtemps, c’est que là c’est la ruine d’un bâtiment récent ; cinq ans avant, on passait devant, il y avait des ouvriers. C’est ça qui est surprenant, ça va très très vite maintenant. 
 

Sophie Carles, « Végétal », Tiers paysage”

Il est intéressant de noter que Carles ne se contente pas de produire un travail d’archive, i.e., l’attestation photographique que quelque chose a eu lieu là. Elle insiste déjà chromatiquement, et reconnaît d’ailleurs que son appareil a peut-être tendance à exagérer ce qui s’apparente à la couleur verte. “Comme par hasard”, a-t-on envie de dire… Le vert est, par essence, la couleur de la chlorophylle. Aussi y a-t-il un contraste voulu et saisissant entre des lieux morts et d’autres “entre-lieux” renaissants (des plantes) qui symbolisent par excellence la vie (la chlorophylle, qui permet la photosynthèse des plantes)? On l’a compris, Carles a choisi trois modes opératoires pour restituer le témoignage actuel et esthétique de la fonderie: 1) des photographies in situ, 2) le prélèvement de pièces, photographiées suivant les procédures d’archivage archéologique, et 3) la fabrication de pièces d’argile à partir de moules authentiques, sur lesquels Carles fait croître de la mousse.

Le premier mode s’inspire de la thoérie poétique de Clément sur la notion de Tiers paysage. La notion de paysage évoque généralement un large champ visuel, on ne dirait pas, faisant face à un arbre, que nous avons affaire à un paysage. « Le Tiers-Paysage — fragment indécidé du Jardin Planétaire —, désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature. Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc … A l’ensemble des délaissés viennent s’ajouter les territoires en réserve. Réserves de fait : lieux inaccessibles, sommets de montagne, lieux incultes, déserts ; réserves institutionnelles : parcs nationaux, parcs régionaux, “réserves naturelles” » (Gilles Clément).

Le deuxième mode consiste à faire un pseudo-travail archéologique, en prélevant des éléments qui jonchent le sol de l’usine, et de les photographier sur un fond neutre, en agrandissant le format. L’effet est assez déroutant, car l’objet devient décontextualié, et s’il on ne savait pas à quoi il servait perdu au sol, on le sait encore moins une fois photographié en gros plan, sauf qu’il prend de l’importance, et davantage de mystère.

Le troisième mode est hybride: Carles utilise les moules, mais, au lieu d’y couler de la fonte, elle y applique de l’argile, sur laquelle elle fait pousser de la mousse. Elle substitue à l’ancien alliage inorganique une nouvelle forme qui permet l’émergence de la vie (la mousse). C’est une expérience trans-substantialiste ; la vie gagne sur l’inerte.

La plupart des photographies in situ misent sur deux couleurs, le vert et le noir. C’est aussi un parti-pris. Car une photo dénotait par rapport aux autres: celle-ci :

Sophie Carles,  « Végétal », Tiers paysage 

Ici, la tranquille atmosphère fantomatique noire/verte fait place à quelque chose de plus inquiétant. Comme si, tout à coup, dans ce qui semblerait presque un “décor” (noir/vert) surgissait un accident de couleurs, de strates. Quelque chose de plus violent. Je crois que l’on peut encore insister sur l’opposition noir/vert car, justement, dans un autre passage de son texte en ligne (hyperlien dans son nom plus haut), Clément explique d’où vient l’expression Tiers-Paysage: « Le terme de Tiers-Paysage vient d’une analyse paysagère du site de Vassivière en Limousin commandée par le Centre d’Art et du Paysage de Vassivière en 2003. L’analyse montre le caractère binaire de ce paysage : d’un côté l’ombre avec les exploitations forestières dominées par le douglas, paysage réglé par l’ingénieur forestier ; de l’autre côté la lumière avec les exploitations agricoles principalement vouées à l’élevage, paysage réglé par l’ingénieur agronome. » Le forestier est du côté de l’ombre, et l’agronome du côté de la lumière, du vert en l’occurrence chez Carles. Est-ce un parallèle pertinent ? Peut-être. En tout cas, tout autant que chez Clément, il y a un goût pour le paradoxe (ombre/lumière) et noir/vert chez Carles. Un autre paradoxe est celui qui s’énonce dans le terme de « ruine » dans la bouche de Carles. La ruine ne subsiste si tant est que nous focalisons sur l’espace abandonné de la fonderie ; mais bientôt contredit en quelque sorte, par la végétation naissante et luxuriante, à en croire les photographies, qui colonisent le site.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *