Journal #16. J.M. Jancovici, le prophète à œillères grand guru du nucléaire

Le monde médiatique n’aime pas (trop) la vérité, encore moins la complexité. Ce pourquoi, dans les bouleversements  systémiques de notre planète, tout le monde nous bassine avec le réchauffement climatique. Tout le monde ne parle que de cela. Comme si nous n’étions concernés au premier chef que par cet événement lié à l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère, les océans, les forêts, les banquises, et les organismes qui tous, saturent. Jancovici, c’est le Monsieur-Savoir, il est invité partout et il dit toujours la même chose : il va falloir décroître, le pétrole va manquer, il nous reste le nucléaire, qui, en sus, n’est pas dangereux, d’ailleurs, et quand on lui pose la question de savoir s’il n’y a rien de plus dangereux que le nucléaire, « si, répond-il, les accidents de barrages » ! (source ici),  et il a toujours dans sa manche un accident de barrage à citer, et conclut toujours que les accidents de barrages ont tué beaucoup plus de gens que le nucléaire civil… ! (ref. fin d’article). C’est n’importe quoi. Et même, concernant les rejets et aspiration d’eau dans les fleuves pour refroidir les réacteurs nucléaires des centrales, Jancovici affirme que les incidences sur les biotopes sont infimes. (Encore n’importe quoi). Jancovici, c’est le type qui vous aurait dit que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière française s’il avait été “lobbyé” pour. Parce que, clairement, même s’il reconnaît que le nucléaire ne peut pas recouvrir tous les besoins énergétiques ne serait-ce que d’un seul pays comme la France, il n’en demeure pas moins un fervent promoteur et thuriféraire et ardent promoteur de l’inocuité dudit. Alors, lui qui aime tant les chiffres, comme si les chiffres étaient l’alpha et l’oméga de la vérité nue, en voici :  

D’après le CERR (Comité européen sur le risque de l’irradiation), « le nucléaire est responsable de 61,6 millions de morts par cancers depuis 1945, contre 1,1 million selon les sources officielles, le nombre de cancers est pour sa part évalué à 123,2 millions contre 2,3 et l’étude estime en outre que les radiations ont induit une importante mortalité infantile et foetale (3,4 millions).» (Source ici). Ces chiffres-là, Jancovici ne les énonce jamais. Jamais. Pourquoi ? Je ne connais pas la réponse, mais j’ai ma petite idée.

Commission Internationale de Protection contre les Rayonnements (CIPR):

Total des morts par cancers : 61 619 512, (CIPR  : 1 173 606),
– Total des cancers : 123 239 024, (CIPR : 2 350 000),
– Mortalité infantile : 1 600 000, (non prise en compte par la CIPR),
– Mort fœtale : 1 880 000, (non prise en compte par la CIPR),
Perte de la qualité de vie : 10%, (non prise en compte par la CIPR). (Source ici).

Une autre affirmation de Jancovici concernant la supposée neutralité des rejets et aspirations d’eau pour les centrales vient se heurter à cette récente nouvelle : Selon un rapport publié le 15 juin 2026 par l’association Sortir du nucléaireprès de 6 milliards (exactement 5,9 milliards) d’animaux aquatiques meurent chaque année dans les centrales nucléaires françaises. (Rapport ici).  

Jancovici ne vous dira pas non plus que le risque de dévélopper une leucémie est multiplié par deux pour les enfants de moins de 15 ans vivants dans un rayon de 5 km autour d’une centrale nucléaire. (Source ici).

Jancovici ne vous parlera jamais non plus des Limites Planétaires, confortant la doxa, voire, bien plutôt l’idéologie quasi totalitaire (tant elle est prépondérante) qui consiste à asséner à la population que le Seul Problème à régler est celui du réchauffement climatique (et que d’ailleurs, seul un Dieu pourrait “régler”). Il s’agit bien d’une sorte d’idéologie totalitaire, car le fait de ne jamais mentionner, dans les media, ou de manière bien trop allusives, les Limites Planétaires, concourt bien évidemment à nier leur existence, et donc, à empêcher les connexions cognitives entre le Réchauffement et les Huit autres agents bien actifs dans la destruction des Limites Planétaires. Plus grave, cela empêche la connaissance et la prise de conscience, et ce dernier effet, assumé, est gravissime au sein d’une démocratie supposée moderne. 

De fait, et encore une fois, Jancovici, prophète à œillères et lobbyé du paysage médiatique ne vous parle jamais de ces huit autres acteurs, donc nous redonnons ici le tableau déjà indiqué dans d’autres articles sur ce site : 

 

Jancovici ne vous parlera jamais de : “Novel Entities =  “entités nouvelles”, de “Stratospheric ozone depletion” = Appauvrissement de l’ozone stratosphérique, de l’“Atmospheric aerosol loading” = Charge en aérosols atmosphériques, d’“Ocean acidification” = Acidification des océans, de “Biochemichal flow” = Les flux biochimiques, du “Freshwater change” = Changement eau douce, du “Land-system change” = Changement du système-sol, de la “Biosphere integrity” = Intégrité de la biosphère, pas plus que Le forçage radiatif.

Sinon, c’est vrai, il a l’air sympa, il rit facilement, c’est le bon copain qui sait plein de trucs… Il a inventé le « bilan carbone », le truc qui fait culpabiliser le dindon de l’année quand il prend l’avion ou sa voiture pour aller au travail, partir en vacances, ou bien, comme 60% de la population urbaine, fait un déplacement en voiture de moins de 5 km. L’astuce suprême du “Tous coupables Tous responsables”. Si Jancovici était doté d’un esprit un tantinet dadaïste, il suggérerait que la meilleure façon de lutter contre le bilan carbone, c’est de se suicider, ce qui, pour certains, à vrai dire, ne saurait être une mauvaise impulsion… Avis aux convertis !

Pour une lecture plus approfondie, voir ici :

Journal #14. Pourquoi l’écologie est un miroir aux alouettes

Jancovici, c’est une sorte de prestidigitateur : il manipules les chiffres, mais parfois il en manque, et il demande à son contradicteur (toujours limité en terme de volonté de savoir) de lui en fournir, et souvent le débatteur, le communicant-journaliste, n’en a pas pas sous la main… Dommage ! Mais de toutes façons, face au doute, il argue d’un : « Tous les spécialistes le disent », ou un truc du genre. Bon, ben si tout le monde le dit… Les media laissent rarement le temps de penser. Il ne s’agit pas de dire que les media mentent systématiquement mais enfin, quand ils peuvent éviter de penser, de dire la pleine vérité sur un sujet bien plus vaste que ce qu’ils en disent, ils ne s’en privent pas. “Mensonge par omission”, ça vous parle ? Nous ne sommes pas ici en terrain complotiste, mais il est bien évident que diriger des populations qui se comptent pas dizaines de millions demande nécessairement quelques arrangements avec la réalité, de fait, avec la vérité, et donc requiert de la manipulation.  

Jancovici, c’est le pain béni des bénis-oui-oui, il dit ce que tout le monde veut entendre quand on ne veut rien entendre (d’autre que « Ben oui mon bon monsieur, ça se réchauffe »). On le sait, il dirige le “Shift Project”, qui, soit dit en passant, durant l’année 2025, à la faveur d’une campagne de financement participatif, dans le but de présenter des propositions pour 2027, a récolté en un mois 3,3 millions d’euros de dons, via la plateforme Ulule. Il s’agit d’un record européen. Bravo le Shift Project ! Sur la page de ce « groupe de réflexion » (c’est ainsi qu’ils s’intitulent), on trouve les “donateurs”, que voici, sans oublier le tableau du minimum des cotisations auprès de la structure

Je laisse au lecteur le soi de visiter le site (ici) afin de voir la suite des donateurs et mécènes, car les captures d’écran seraient par trop minuscules tant il y a du beau monde entrepreneurial qui veut tellement aider, c’est édifiant !

On aura remarqué que parmi les grands donateurs, nous trouvons EDF… Comme c’est étonnant ! 

PS. Liste rupture de barrages ici, liste accidents nucléaires ici.  

PPS. Jancovici s’est même félicité que toute la zone de Tchernobyl soit devenue une zone réserve naturelle, vantant, entre autres, la réintroduction chevaux de Przewalski… Pour obtenir des informations moins délirantes, on ira lire ici.

Moralité : Cet homme est un propagandiste patenté et éhonté. 

En Une. Carte schématique (à partir d’une modélisation) des directions de propagation des radionucléides rejetées par le site de la centrale nucléaire de Fukushima dans le Pacifique nord-ouest (vers l’est en noir, et vers le sud en gris).