Bio express

Léon Mychkine est un pseudonyme. Je suis d’abord, originellement, un poète contemporain. Mon dernier livre de poésie, titré Pan Europa, a été publié en 2005 par les éditions Le Quartanier (Montréal). Ce je, qui est donc un autre, est aussi Docteur en Philosophie (Thèse : Le concept d’expérience dans la philosophie d’Alfred North Whitehead). Whitehead faisait du “feeling”, le sentir, un moteur majeur dans le fonctionnement de l’expérience. Il disait qu’il était plus important qu’une chose soit « intéressante » (au sens esthétique) que vraie.

Côtoyant des artistes depuis une vingtaine d’années, passionné par leurs façons d’appréhender l’existence à travers le spectre de l’art, je décide de me jeter dans une nouvelle eau, celle de la critique d’art. Le 01 juillet 2016 naît ce site internet; dédié à l’art contemporain. Au moment de cette nouvelle mise à l’eau, il a été convenu que le nom de cette embarcation s’appellerait art-icle.fr et son capitaine Léon Mychkine. On s’en souvient, le Prince Léon Nicolaïévitch Mychkine est le héros principal du roman de Dostoievski : L’Idiot.

Bref.

Les artistes sont précieux, et ils signalent généralement le monde de la culture. Ils indiquent qu’il existe toujours une manière d’exister conforme, et inconforme, puisque, justement, ils décident de passer des heures de leur vie à œuvrer, comme disait Hannah Arendt (dans sa Condition de l’Homme Moderne). Seul l’artiste (mais alors écrivains et poètes compris) œuvrent. Tout le « reste » travaille. Mais, au fur et à mesure du temps, l’artiste a fini par dire que, lui aussi, il « travaille », et il parle quasiment à tout coup, de son « travail ». Mais l’artiste ne travaille pas, il œuvre ; ce qui implique un rapport au temps, au don de soi, à la volonté, bien étrangers au monde minuté du travail salarié. L’artiste (l’œuvrant) n’a pas d’horaires… J’entends donc réhabiliter la notion d’ « œuvre » propre à l’artiste, car il s’agit bien de cela. L’artiste a du mal à utiliser le mot « œuvre », le jugeant trop prétentieux. Mais utiliser le mot « œuvre » n’est pas une question de prétention, mais de formalité ; le régime de l’artiste n’est pas celui du travail ; ce régime, littéralement, déborde sur le temps et sur la vie elle-même.

L’art est intéressant. Pourtant, dans ses Moralités Postmodernes, Jean-François Lyotard critique l’usage du mot « intéressant ». Mais je le revendique. L’art est intéressant, mais tout ne l’est pas. Et je ne parlerai ici que de ce qui m’intéresse, c’est-à-dire que je ne vais pas prendre de mon temps pour critiquer négativement des artistes que je souhaiterais « abîmés » par ma critique. Je ne vois pas l’intérêt d’une telle pratique. D’ailleurs, comme le dit très bien Harold Rosenberg, « le monde de l’art a un instinct pour ce dont il a besoin, et il rejette tout surplus ».

En revanche, je me réserve le droit de « sélectionner » ce qui m’intéresse chez l’artiste, et qui ne recoupe pas forcément son discours. On sait bien que l’artiste ne maîtrise pas toujours les effets de son œuvre, quand bien même sa théorie semble coulée dans le béton. Et on sait aussi que l’interprétation est, par essence, plurielle. D’un certain côté, donc, on peut dire ce que l’on veut d’une œuvre, tandis que nous, les regardants, les amateurs, les théoriciens du dimanche ou de la semaine, nous n’avons pas le monopole de l’interprétation. Et c’est très bien ainsi.

On espérera, somme toute, produire ici un peu d’intelligence et de sensibilité, et de l’intérêt pour Venir Voir, et laisser agir l’Expérience Esthétique. On aura compris ici que le terme « esthétique » doit être entendu au sens fort, et pas décoratif du terme, c’est-à-dire que l’esthétique, ici, va plus loin que le jugement de goût tel qu’associé par Kant. L’esthétique, c’est, étymologiquement la sensation. Mais il faut entendre ici le terme de “sensation” comme la saisie du corps entier, corps et esprit, si l’on peut dire, et sans dualisme, mais plutôt, il faut le dire, une saisie hylémorphique (lecteur, à votre Aristote, ou dictionnaire de philosophie…).

Nous sommes nous-mêmes des êtres esthétiques, et c’est presque une tautologie que de le dire : nous ressentons constamment les choses, et nous les pensons aussi. Mais nous ressentons beaucoup plus que nous pensons. C’est aussi ce qu’on appelle le “sentir”.

Associer sentir et pensée, là se trouve la grande difficulté. Kant nous dit que notre jugement subjectif nous permet de produire des “idées esthétiques”, mais qu’à partir de là, ces idées ne peuvent aboutir à une connaissance, puisque ces idées ne sont liées qu’à l’intuition. Mais on peut dire que, justement, celle ou celui qui est capable d’objectiver les idées esthétiques peut produire ce qu’on appelle la critique d’art. N’en déplaise à Kant, il y a des idées sur l’art, qui, d’ailleurs, sont bien la plupart du temps issues des artistes eux-mêmes ! C’est le grand absent de sa Critique de la Faculté de Juger : L’artiste. Heureusement, nous allons ici à sa rencontre (même s’il n’est pas toujours là pour répondre).

 

Cher lecteur, vous pouvez me contactez, si vous le désirez, à l’adresse suivante: mychkine@orange.fr

Je vous remercie.